Le vibe coding est-il une mauvaise idée ? Risques, avantages et cas d’usage
Jun 18, 2026
/
Faradilla A.
/
11 minutes de lecture
Le vibe coding n’est pas mauvais en soi, mais il devient problématique lorsque vous faites l’impasse sur les vérifications, négligez la sécurité et intégrez directement du code généré par l’IA dans un projet en production.
Les principaux risques sont les failles de sécurité, un code désordonné difficile à corriger par la suite, et un faux sentiment de confiance dans ce que l’IA vous fournit. À l’inverse, avec le vibe coding, vous pouvez créer rapidement des prototypes, tester des idées en quelques heures au lieu de plusieurs semaines et commencer à développer même sans connaissances approfondies en programmation.
Alors, le vibe coding, est-ce une mauvaise chose ? Pas à lui seul. La vraie question est de savoir si vous l’utilisez dans la bonne situation et avec les bons garde-fous.
Qu’est-ce que le vibe coding ?
Le vibe coding est une façon de créer des logiciels en décrivant ce que vous voulez en langage courant, puis en laissant l’IA générer le code à votre place. Le chercheur en IA Andrej Karpathy a inventé ce terme au début de l’année 2025.
Avec le vibe coding, au lieu d’écrire chaque ligne vous-même, vous saisissez un prompt, par exemple « créez une application de gestion de tâches avec connexion utilisateur », et l’outil d’IA génère une version fonctionnelle.
Il a séduit les créateurs indépendants, les débutants et les fondateurs non techniques, car il supprime le principal obstacle à la création de logiciels : savoir coder. Vous vous concentrez sur ce que l’application doit faire. L’IA s’occupe du comment.
Pourquoi dit-on que le vibe coding est une mauvaise idée ?
Le vibe coding est parfois qualifié de « mauvais » parce qu’il introduit des risques réels et mesurables : failles de sécurité, code désordonné, mauvaise compréhension de la part des développeurs et coûts techniques cachés à long terme.
La plupart des utilisateurs ne voient pas ces risques tant qu’un problème ne survient pas. Le code généré par l’IA semble souvent propre à première vue. Il fonctionne. Il fait ce que vous avez demandé. Mais cela ne veut pas dire qu’il soit sûr, bien organisé ou conçu pour durer.

Les risques de sécurité du code généré par l’IA
Le code généré par l’IA contient souvent des failles de sécurité qu’une révision standard permettrait de détecter. Selon le rapport 2025 de Veracode sur la sécurité du code généré par l’IA générative, 45 % des exemples de code générés par l’IA présentaient des risques de sécurité, et les modèles plus récents et plus volumineux n’étaient pas systématiquement plus sûrs.
Les types de failles varient, mais le schéma reste le même. Les outils d’IA ignorent souvent la validation des entrées (qui consiste à vérifier que les données envoyées par l’utilisateur sont sûres avant de les traiter). Ils codent parfois les clés API en dur directement dans le code source. Ils utilisent des méthodes non sécurisées pour traiter les données et intègrent des bibliothèques tierces obsolètes sans les vérifier.
La même analyse de Veracode a révélé que, dans environ 86 % des exemples testés, le code généré par l’IA laissait les sites web vulnérables à un type d’attaque courant permettant à des pirates d’injecter du code malveillant dans une page.
Autrement dit, si vous créez une application web à l’aide de prompts et que vous la déployez sans vérification de sécurité, il y a de fortes chances que vous mettiez en ligne un code vulnérable aux attaques les plus courantes. Cela peut convenir pour une expérience personnelle, mais c’est un problème majeur pour tout ce qui traite de véritables données utilisateur.
Problèmes de maintenabilité et code désordonné
Le code généré par l’IA est difficile à maintenir, car il résout le problème immédiat sans prévoir de structure pour la suite. Vous obtenez quelque chose qui fonctionne aujourd’hui, mais qui devient plus tard un vrai casse-tête à mettre à jour, déboguer ou faire évoluer.
La structure est souvent dispersée. Les noms de variables ne suivent pas de conventions cohérentes. Les fonctions essaient d’en faire trop à la fois. Il n’y a pas de séparation claire entre les différentes parties de votre application. Quand vous (ou quelqu’un d’autre) essayez d’ajouter une fonctionnalité six mois plus tard, vous finissez par démêler un code difficile à comprendre au lieu de partir d’une base saine.
Cela devient un vrai problème dès que votre projet dépasse sa première version. Un prototype que vous pouvez recréer de zéro en une journée ? Très bien. Un produit avec des utilisateurs payants et des mises à jour régulières ? Cela nécessite un code suffisamment bien organisé pour qu’une autre personne puisse le lire et travailler dessus.
Manque de compréhension du code
Le risque le plus sous-estimé du vibe coding, c’est de finir avec un code que vous ne pouvez pas expliquer. Le code fonctionne, mais vous ne savez pas pourquoi. Cela rend la résolution des problèmes beaucoup plus difficile.
Quand quelque chose se casse dans le code que vous avez écrit vous-même, vous pouvez en suivre la logique, puisque c’est vous qui l’avez conçu. Quand quelque chose ne fonctionne pas dans un code généré par l’IA, vous repartez de zéro. Vous déboguez le travail de quelqu’un d’autre, sauf que ce « quelqu’un » est un modèle qui a fait des milliers d’hypothèses à partir d’un court prompt.
Cela crée un goulot d’étranglement. Au lieu de modifier quelques lignes, vous demandez à l’IA de réécrire des sections entières. Parfois, cela introduit de nouveaux bugs dans le processus. Moins vous comprenez le code qui fait fonctionner votre projet, moins vous gardez le contrôle.
Dette technique liée à la génération rapide
Le vibe coding permet de créer rapidement, mais le code qu’il produit entraîne souvent davantage de travail par la suite. Ce nettoyage futur est ce que les développeurs appellent la « dette technique ».
Voici à quoi cela ressemble en pratique. Vous créez une application en un week-end grâce à des prompts d’IA. Ça fonctionne très bien. Un mois plus tard, vous souhaitez ajouter une fonctionnalité de paiement. Mais le code est tellement imbriqué qu’ajouter une chose en casse deux autres. Vous passez maintenant des jours à corriger des problèmes qui n’existeraient pas si le code avait été bien structuré dès le départ.
Le code généré par l’IA a tendance à passer à côté de certains éléments peu enthousiasmants mais essentiels : les messages d’erreur en cas de problème, les notes qui expliquent le rôle de chaque élément et une structure claire qui distingue les différentes parties de votre application. Tout semble aller bien au début. Mais dès que vous devez corriger un bug ou ajouter une fonctionnalité, ce manque de structure vous ralentit.
Le vibe coding est-il vraiment une mauvaise pratique ou simplement mal utilisé ?
Le vibe coding n’est pas mauvais en soi. Le problème, c’est la mauvaise utilisation. La plupart des personnes qui se demandent si le vibe coding est une mauvaise chose ont vu les risques ci-dessus et ont supposé qu’ils étaient inévitables.
Ils ne le sont pas.
Ces risques apparaissent lorsque l’on considère le code généré par l’IA comme un travail terminé, et non comme un point de départ.
Pourquoi le vibe coding n’est pas mauvais en soi
Le vibe coding est un outil, et les résultats dépendent entièrement de la façon dont vous l’utilisez. Comme n’importe quel outil, le vibe coding n’est pas problématique en soi. Tout dépend de la manière dont vous l’utilisez.
Lorsqu’il est utilisé en gardant à l’esprit ses limites, le vibe coding permet d’accélérer des tâches qui prendraient autrement des heures. Il vous aide à créer une première version de votre application, à mettre rapidement en ligne une version fonctionnelle et à transformer une idée en quelque chose que vous pouvez réellement voir et tester.
La différence entre le codage avec l’IA et le codage traditionnel ne tient pas au fait que l’un soit sûr et l’autre non. Chaque approche convient à des étapes différentes d’un projet.
Pourquoi le vibe coding devient dangereux lorsqu’il est mal utilisé
Le danger du vibe coding apparaît lorsque vous faites confiance au résultat sans le vérifier. Cela arrive plus souvent que vous ne le pensez. Une étude a révélé que 53 % des équipes ayant livré du code généré par l’IA ont ensuite identifié des failles de sécurité qui n’avaient pas été détectées lors de leur première vérification.
La confiance aveugle est le problème central. Le code compile. L’application fonctionne. Il fait ce que le prompt décrivait. Les utilisateurs pensent donc que le code est prêt à l’emploi. Ils ne font pas de tests. Ils ignorent les analyses de sécurité. Ils déploient du code qu’ils n’ont pas lu, basé sur des bibliothèques qu’ils n’ont pas vérifiées.
Ce n’est pas un problème propre au vibe coding, mais un problème de processus. Les mêmes risques existent aussi dans le développement traditionnel lorsque les équipes prennent des raccourcis. La différence, c’est que l’IA permet de prendre des raccourcis plus vite et plus facilement.
Quand le vibe coding est-il utile ?
Le vibe coding fonctionne bien dans les situations à faible risque où vous devez aller vite et où le code n’a pas besoin d’être parfaitement robuste. Ce n’est pas adapté à tout, mais dans le bon contexte, cela fait gagner du temps.

Le vibe coding fonctionne bien pour le prototypage
Créer un produit minimum viable (MVP), c’est-à-dire la version la plus simple de votre idée qui fonctionne, est l’un des cas où le vibe coding est le plus efficace. Vous décrivez votre idée dans un prompt, et vous obtenez une version fonctionnelle à tester en quelques heures.
Cette rapidité change votre manière de valider des idées. Au lieu de passer des semaines à développer votre produit avant de savoir si quelqu’un en veut vraiment, vous pouvez le tester dès ce week-end. Un outil comme Hostinger Horizons vous permet de passer d’un prompt à un prototype publié en une seule session, avec l’hébergement et le déploiement intégrés.

Si l’idée ne fonctionne pas, vous n’aurez perdu qu’un après-midi au lieu d’un mois.
Pour les MVP, les preuves de concept et les phases de test initiales, le code n’a pas besoin d’être parfait. Il doit être suffisamment fonctionnel pour montrer si le concept mérite un investissement supplémentaire.
Le vibe coding aide les débutants à démarrer plus vite
Si vous n’avez jamais écrit de code auparavant, le vibe coding fait tomber la barrière entre « j’ai une idée » et « j’ai une application fonctionnelle ». Vous pouvez créer quelque chose de concret et de solide dès le premier jour. C’est un puissant facteur de motivation.
Cela dit, cette longueur d’avance doit surtout servir de tremplin, pas de finalité. Créer avec l’IA vous donne un résultat fonctionnel, mais cela ne vous apprend pas pourquoi le code fonctionne.
Si vous voulez développer vos compétences, commencez par le vibe coding. Ensuite, apprenez de ce qu’il a créé : analysez le résultat, repérez les schémas, puis apprenez progressivement à apporter vous-même des modifications.
Le vibe coding convient aux petits projets
Les projets à faible enjeu sont ceux où le vibe coding s’intègre le plus naturellement : outils internes, tableaux de bord personnels, projets annexes, automatisations rapides. Le risque de faille de sécurité ou de structure désordonnée est faible, car le code n’est pas exposé à Internet et ne traite pas de données sensibles.
Pensez par exemple à un suivi d’habitudes personnel, un calculateur d’équipe ou un script ponctuel qui traite certaines données. Ces projets n’ont pas besoin d’une architecture de niveau entreprise. Il suffit qu’ils fonctionnent, et l’IA vous permet d’y parvenir rapidement.
Quand faut-il éviter le vibe coding ?
Vous devriez éviter le vibe coding lorsque des bugs, des temps d’arrêt ou des failles de sécurité pourraient avoir de réelles conséquences pour vos utilisateurs ou votre entreprise.
Le vibe coding n’est pas adapté aux systèmes en production
Le vibe coding est trop risqué pour les systèmes en production, car le code généré par l’IA échoue systématiquement aux contrôles de base en matière de sécurité et de qualité. Les systèmes en production nécessitent un code dont la sécurité a été vérifiée, testé dans des scénarios inhabituels et structuré de manière à pouvoir être maintenu sur le long terme.
Si votre application traite des paiements, stocke des données personnelles ou s’adresse à de vrais clients, les enjeux sont trop importants pour se fier à un résultat d’IA non vérifié.
Le vibe coding n’est pas adapté aux applications complexes
Le vibe coding montre ses limites avec les applications complexes, car les outils d’IA peuvent générer des éléments séparés, mais peinent à gérer la façon dont ils interagissent entre eux. Les applications complexes comportent de nombreux composants interdépendants : bases de données, API, authentification des utilisateurs, processus en arrière-plan et intégrations avec des services tiers.
Les décisions d’ensemble, comme la façon dont vos données circulent, la manière dont vos services communiquent entre eux et la façon dont votre application gère l’augmentation du trafic, nécessitent un contexte qu’un prompt ne peut pas saisir pleinement. Vous vous retrouvez avec un code qui fonctionne seul, mais qui cesse de fonctionner dès qu’il est connecté au reste du système.
Pour les projets qui doivent évoluer, rester performants sous forte charge ou répondre à des exigences réglementaires strictes, le développement traditionnel vous offre un niveau de contrôle que le développement assisté par l’IA ne peut pas égaler.
Comment utiliser le vibe coding en toute sécurité ?
Utiliser le vibe coding en toute sécurité ne consiste pas à éviter les outils d’IA. Il s’agit d’ajouter les vérifications que l’IA ignore. Voici une checklist pratique que vous pouvez suivre.

1. Vérifiez chaque code généré par l’IA
Lisez le code avant de l’exécuter. C’est de loin l’habitude la plus importante à adopter en matière de sécurité du vibe coding.
Vous n’avez pas besoin de comprendre chaque ligne comme le ferait un développeur senior. Mais vous devez comprendre, dans les grandes lignes, ce que fait le code : quelles données il utilise, quelles bibliothèques il importe et ce qu’il envoie sur le réseau. Si quelque chose vous semble peu familier, demandez à l’IA de vous l’expliquer.
Astuce de vérification rapide
Demandez à votre outil d’IA de vérifier lui-même son code pour détecter les problèmes de sécurité avant de l’utiliser. Cela ne détectera pas tout, mais l’outil signale les problèmes courants, comme les mots de passe codés en dur et l’absence de validation des données.
2. Testez la sécurité et gérez les cas limites
Effectuez des vérifications de sécurité de base sur votre application avant de la déployer dans un environnement public. Les cas limites correspondent aux actions inhabituelles ou inattendues que les utilisateurs peuvent effectuer, comme envoyer un formulaire vide, coller une chaîne de 10 000 caractères ou saisir des caractères spéciaux à la place d’un nombre.
Au minimum, testez les vulnérabilités web les plus courantes :
- L’injection SQL (où des attaquants insèrent des commandes de base de données via des champs de saisie)
- Le cross-site scripting (où des scripts malveillants sont injectés dans vos pages web)
- Clés d’API exposées
- Systèmes de connexion défaillants
Des outils gratuits comme OWASP ZAP peuvent analyser votre application en quelques minutes pour détecter les vulnérabilités de sécurité connues liées au vibe coding.
Le code généré par l’IA gère généralement les situations où tout se passe comme prévu. Il ignore souvent tout le reste.
3. Utilisez l’IA comme un outil d’aide, pas comme un substitut
Considérez l’IA comme un collègue junior qui tape vite, mais qui a besoin d’être encadré. Il excelle dans la génération de code de départ répétitif, la suggestion de solutions et la prise en charge des tâches courantes. Il n’excelle pas dans la prise de décisions d’ensemble, le respect des conventions propres à votre projet ni la compréhension de votre logique métier.
Vous prenez les décisions. L’IA tape à votre place. Cette répartition vous permet de garder le contrôle tout en profitant d’un gain de rapidité.
4. Refactorisez et documentez le code
Une fois que vous avez obtenu du code fonctionnel avec un outil d’IA, nettoyez-le. Renommez les variables peu claires. Divisez les grandes fonctions en fonctions plus petites. Ajoutez des commentaires qui expliquent pourquoi vous avez pris les décisions importantes, et pas seulement ce que fait le code.
Ce nettoyage prend généralement entre 30 minutes et une heure pour la plupart des petits projets, et vous évite ensuite des heures de confusion. Si vous transmettez un jour ce code à quelqu’un d’autre, ou si vous y revenez après un mois, vous serez heureux d’avoir pris ce temps.
Conseil de pro
Le code généré par l’IA inclut rarement une documentation utile. Avant de continuer, ajoutez un fichier README qui explique ce que fait le projet, comment l’exécuter et quelles sont ses éventuelles limitations. Vous vous remercierez plus tard.
Quand faut-il s’appuyer sur le vibe coding ?
Appuyez-vous sur le vibe coding pour les projets rapides et peu risqués, lorsque le code n’est pas destiné à être maintenu sur le long terme. Évitez cette approche si des utilisateurs dépendent de votre application ou si vous devez maintenir le code pendant des mois.
Utilisez le vibe coding dans les cas suivants :
- Vous devez aller vite. Vous testez une idée, créez un prototype ou développez quelque chose pour un usage personnel.
- Le projet présente peu de risques. Aucune donnée utilisateur sensible, aucun traitement des paiements, aucun trafic de production accessible au public.
- Vous prévoyez de vérifier et de tester le résultat avant de le déployer dans un environnement réel.
Évitez le vibe coding dans les cas suivants :
- Les utilisateurs comptent sur le bon fonctionnement et la sécurité de votre application.
- Vous devrez mettre à jour, déboguer et enrichir le code sur plusieurs mois, voire plusieurs années.
- Le projet est soumis à des exigences de conformité dans le secteur de la santé, de la finance ou dans d’autres secteurs impliquant des audits de sécurité.
Pour la plupart des utilisateurs, la réponse n’est ni « toujours » ni « jamais ». L’essentiel est de savoir quels projets s’y prêtent et lesquels ne s’y prêtent pas. Les outils de vibe coding les plus populaires, comme Hostinger Horizons, Cursor et Replit, conviennent chacun à différents types de projets. Choisissez une idée à faible enjeu, testez-la et examinez le code qu’elle génère.

Tout le contenu des tutoriels de ce site est soumis aux normes éditoriales et aux valeurs rigoureuses de Hostinger.
Commentaires
0 responses